De bien obscurs démocrates
Un mois… Un mois que le Japon s’est doté d’un premier ministre démocrate. Depuis l’après-guerre, une seule fois le PLD (de droite) avait cédé sa place à une coalition de centre gauche bancale. Elle s’était effondrée en quelques mois. Combien de temps Hatoyama tiendra-t-il ?
Les Japonais l’ont un temps comparé à Obama, l’incarnation du changement qui guidera peut-être vers une sortie de crise. Mais si certains font encore la comparaison, c’est en général en la défaveur du Japonais.
L’homme manque franchement de charisme. On lui reproche déjà ses discours obscurs, ses décisions inexpliquées et abruptes. Les journalistes se plaignent qu’on les balade d’un ministère à un autre sans qu’ils ne puissent trouver d’interlocuteur, comme le souligne Masaki Masuda dans le quotidien Yomiuri Shimbun du 15 octobre.
Yukio Hatoyama n’est pas un homme de lettres. Sorti d’une école d’ingénieurs, il entend « exercer la politique au regard de la science plutôt que d’une idéologie ou d’une autre ». La majorité des ministres ont également ce type de formation, si bien qu’on a surnommé le gouvernement « le cabinet scientifique ». Hatoyama semble en effet penser que « la science » suffit à justifier ses actions lorsqu’il gèle le budget de plusieurs départements, les contraignant à abandonner des projets en cours jugés inefficaces… Il s’est ainsi mis à dos une grande partie des pouvoirs locaux. Par ailleurs, jamais le gouvernement n’a divulgué le montant des économies réalisées suite au gel de ces projets.
À l’inverse, certaines de ses mesures, plus populistes que scientifiques, tendent à contredire sa stratégie politique. En annonçant la gratuité des autoroutes, il s’était attiré les faveurs des automobilistes, mais la presse et l’opposition n’ont pas tardé à rappeler en ricanant qu’outre sa fonction de Premier ministre, M. Hatoyama est l’un des principaux actionnaires de Bridgestone, grand fabricant de pneus.
De nombreux éditorialistes se félicitent de voir poindre l’espoir d’une alternance durable après un désert politique de plus de 60 ans. Mais ils ne donnent pas cher de la peau de Hatoyama s’il ne fait pas preuve de transparence dans les mois qui viennent.
MAJ : le gouvernement a finalement donné quelques chiffres.
- Posté par Antoine à 10:59
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Ton article est très intéressant…un peu affligeants, tous ces gens qui veulent gouverner scientifiquement…il est loin d’être le premier. Il y a eu Platon (les philosophes connaissant le Bien devaient être aux commandes ou du moins conseiller le chef …) et puis bien sûr Marx, Engels (le marxisme s’appelle aussi selon Marx le Socialisme scientifique), et ceux qui les ont suivis. Ca donne des résultats toujours aussi absurdes
PLus récemment Pierre, on appelle pas ca la « technocratie ». j’avoue que je suis assez tentée. Tout alibi mis à part comme celui que décrit Antoine ?!!!!