Quelques heures avec Jeudi Noir

Comme annoncé, j’ai passé quelques heures aujourd’hui avec Jeudi Noir, qui a organisé une action pour dénoncer la mauvaise gestion du 1% logement, taxe censée financer la construction de logement.

Récit d’une après-midi mouvementée

14h30 La pluie vient de se clamer. Des policiers rodent devant le Virgin Mégastore Grands-Boulevards. Ils interrogent quelques personnes qui semblent avoir rendez-vous là et contrôlent leurs papiers.
15h Une petite dizaine de personnes se regroupe devant le magasin de disques, sans un mot. Quelques sourires discrets s’échangent sous les yeux méfiants des policiers.
15h10 Deux personnes s’avancent, tout le monde se tourne vers eux. Ils portent des tee-shirts estampillés « Jeudi Noir ». C’est eux qu’on attend. Ils font signe de venir et le groupe rejoint le reste des militants quelques mètres plus loin. Quelques journalistes de Télé-Bocal sont là, ainsi que quelques blogueurs. Deux enfants en bas âge brandissent des gourdins en plastique. Un jeune homme parle dans un mégaphone, dénonçant non sans humour les importants frais de gestion, pour le moins opaques, du 1% logement.
15h30 Le groupe s’est scindé en deux. Je suis l’un d’entre eux dans une bouche de métro. Direction : Billancourt. Quelques RG peu discrets se joignent à nous.

Get the Flash Player to see the wordTube Media Player.

15h45 Nous sortons subrepticement du métro à la station Iéna. Objectif : investir les locaux d’Aliance 1% — un des organismes chargés de la gestion de cette taxe — obtenir un rendez-vous avec le directeur et une copie du rapport de la cour des comptes qui dénonce les frais de gestions colossaux du dispositif. Justement, le loyer de l’immeuble d’Alliance 1% avoisine les 100 000 euros mensuels. Des locaux de grand standing, donc, à la mesure de la petite fête que Jeudi Noir va y organiser.
15H50 Nous sommes rentrés. Un ampli crache de la musique funk, le champagne coule à flot et les employés ahuris se retrouvent couverts de confettis et de billets de monopoly.

16h45 Un RG, qui s’est joint à la fête, a obtenu de la présidente qu’elle reçoive une délégation de 3 membres du collectif sous réserve que nous quittions les lieux. La fête continue quelques minutes devant le bâtiment avant que le gros des troupes ne rejoigne la fête à l’Hôtel de Ville pour célébrer la libération d’Ingrid Betancourt.

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Action Jeudi-Noir sur le 1% logement

Rendez-vous le 3 juillet à 15 heures au métro Grands Boulevards à Paris

Le 1% logement, vous connaissez ?
Voici une petite vidéo pour vous familiariser avec ce dispositif qui brasse 4,5 milliards d’euros, mais dont la Cour des comptes dénonce les dérives (dont des 20 à 30% de frais de gestion…)


Jeudi Noir enquete sur le 1% logement
par jeudinoir

Depuis sa naissance, Jeudi Noir essaie d’alerter sur les dérives du 1% logement. Ces derniers mois, les frasques de ses dirigeants mettent ce mécanisme douteux sur le gril, à tel point que Christine Boutin promet d’aborder le sujet qui fâche dans sa future loi.
Mais à l’heure où la bulle de l’immobilier éclate enfin, les dirigeants du 1% vivent toujours dans la leur. Jeudi Noir appuie là où ça fait mal et mène l’enquête sur quelques questions qui nous turlupinent :
Pourquoi est-ce le Medef qui (s’)occupe (de) nos logements ?
Les chevaliers blancs de l’UIMM sont-ils vraiment les mieux placés pour gérer un budget d’investissement de 4 milliards d’euros par an ?
Plus de 20 % de frais fonctionnement pour les collecteurs du 1%, ça commence à faire beaucoup, non
8 000 euros par mois pour une réunion hebdomadaire, on peut postuler quelque part ?
Un siège social dans le 16è, et à 100.000 euros mensuel de surcroît, est-ce bien raisonnable ?
Pourquoi est-ce qu’on subventionne plus les travaux des accédants à la propriété que les logements des mal-logés ? Comment ça se fait que la Foncière logement finance des logements sans plafonds de ressources ni de loyers ?
Ca va durer encore longtemps cette histoire ?
Le 1 % est le symbole de notre ras-le-bol à l’égard d’une politique du logement qui mobilise des milliards qui ne profitent pas réellement aux mal-logés (APL détournées, crédit d’impôt Sarko pour les plus riches des propriétaires, logements sociaux qui ne vont pas en priorité à ceux qui en ont besoin, rénovation urbaine accélératrice de gentrification, financement public des marchands de sommeil…).

Passons à l’action : rdv jeudi 3 juillet à 15h au métro Grands boulevards (devant le Virgin, sortie rue Montmartre). Venez avec vos fiches de paie (pour ceux qui en ont…)

Amenez du mousseux !

L’équipe de Jeudi-Noir

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Quelles différences entre un blogueur et un journaliste ?

Encore un article sur les médias ! Je prépare toujours les concours d’entrée en école de journalisme, c’est donc mon sujet du moment.

(image trouvée sur Marshable)

Différence de forme

La rédaction d’un article sur Internet est très différente de celle d’un article papier :

  • Le lien hypertexte : L’ellipse est proscrite sur papier alors que les liens hypertextes permettent de s’affranchir de l’explication d’un terme, un concept. Libre au lecteur qui veut en savoir plus de cliquer sur le lien.
  • Le principe du commentaire : un billet de blog, ce n’est pas forcément un raisonnement abouti mais souvent une réflexion ouverte, un appel au débat dont la conclusion se forme peu à peu à mesure des commentaires.
  • Le rapport aux sources : quand les journalistes exercent leur droit de ne pas citer leurs sources (voir article ici) les blogueurs utilisent les liens à outrance pour sourcer les faits sur lesquelles leurs analyses s’appuient et se donner ainsi une forme de légitimité.

Différence de fond

Le journaliste dispose d’un certain nombre de compétences et expériences nécessaires à l’exercice de son métier (techniques d’interview, rédaction de dépêches pour les agenciers, etc.). En théorie, il obéit aussi à la charte des droits et des devoirs du journaliste.

Le blogueur est libre, il n’a pas d’impératifs de vente, pas de rédac’chef derrière son dos et il se fiche bien des droits et des devoirs du journaliste. En revanche, il n’a pas de légitimité, à moins qu’il soit familiarisé avec les ficelles du métier de journaliste et les utilise. C’est le cas d’un certain nombre de blogueurs dits « influents » comme Tristan, Versac ou Lancelot, pour n’en citer que trois. Souvent repris par la presse, ils sont plus ou moins reconnus par les journalistes comme source fiable. Parfois même trop ! Ainsi, Tristan interviewait via Skype une Birmane expatriée anonyme alors que tous les journaux étaient en mal d’information sur le cyclone Nargis. Le Nouvel Obs, ni une ni deux, reprenait l’info sur son site sans vérification préalable. Mais la fiabilité du Nouvel Obs, c’est une autre histoire.

La toile et ses rumeurs deviennent une nouvelle source pour les journalistes. L’expérience montre qu’une information provenant des blogs ne prend valeur que quand elle est accréditée par la presse. Elle perd toute crédibilité quand ceux-ci la démentent en la recoupant avec d’autres sources. Par exemple, ça a été le cas pour le « hoax » lancé par la société de casques bluetooth cardo, qui a diffusé sur Dailymotion et YouTube des vidéos où l’on peut voir des grains de maïs se changer en pop-corn sous l’action des ondes émises par les téléphones portables.

Quid des journalistes-blogueurs ?

Certains, comme Cédric, Gilles Klein, Maud, ou la journaliste d’à côté, utilisent leur blog pour parler des médias et de leur métier. D’autres, comme Olivier Bonnet, le Chafouin, Arnaud Champremier-Trigano ou Etienne Ballmer, y publient des éditos et des reportages. Comment conçoivent-ils leur blog ? Un moyen de s’émanciper d’un rédac’chef ? Participer à un débat d’idées ? S’essayer à d’autres supports ? À eux de le dire…

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Les médias hyperlocaux peuvent-ils être indépendants ?

Tout d’abord, savez-vous ce qu’est un média hyperlocal ? Ce terme désigne les sites Internet produisant de l’information à l’échelle d’une communauté ou d’une zone géographique restreinte. Une information que les médias traditionnels survolent généralement ou n’abordent pas du tout. Le suffixe « hyper » fait référence aux possibilités qu’offre le Web en termes de multimédia, de réseau social et d’interactivité par rapport au format papier. Benoît Raphaël en parle très bien dans un article sur Rob Curley, un champion de l’Internet local aux États-Unis.

Collaborant moi-même à un site d’actualité associative et culturelle parisien, j’ai été amené, avec mes collègues, à réfléchir à la question du financement de ce type de médias. Eh oui, il faut bien manger.

Procédons par élimination

Il semble peu plausible de faire payer les utilisateurs et d’en vivre. Médiapart l’a tenté à un niveau national, avec un certain succès, certainement grâce à un bon teasing et à un mot d’ordre séduisant : « soutenez un média indépendant ». Reste à voir si ce modèle économique sera pérenne. Quoi qu’il en soit, il semble peu plausible qu’il puisse s’appliquer à un niveau local.

La pub ? Hum… Le Monde interactif, premier site d’information en France est un des seuls à vivre de sa pub (60 % des revenus, le reste étant généré par les abonnés). Sans compter qu’ils n’ont que très peu de frais de fonctionnement, étant donné que la majorité du contenu leur est gracieusement offerte par l’équipe de journalistes du Monde papier (source chouingmedia.com) Autant dire qu’à l’échelle locale, où l’audience est par définition limitée, les annonceurs ne vont pas se ruer. Les publicités de Google rémunérées au clic ? Elles permettent tout juste de se payer le petit noir du matin au comptoir.

Il ne semble rester qu’une possibilité de financement : le mécénat. Mais qui diable peut bien avoir un intérêt à y aller de sa poche pour faire vivre un site d’information locale associative ? Personne, me direz-vous !

Pourtant, si. Il y a au moins deux vaches à lait potentielles.

  • Les banques mutualistes

Et ce sont de grosses vaches à lait. Elles ont en effet intérêt à faire vivre un réseau d’associations qui sont souvent leurs clientes. Elles augmentent ainsi leur visibilité et s’attirent de nouveaux clients. Une expérience à Reims connaît un certain succès : Capassocia est une plate-forme du Crédit Agricole proposant aux associations un hébergement et agrégeant un calendrier évènementiel à partir des informations mises en ligne par ces dernières.

  • Les pouvoirs publics

Les pouvoirs publics peuvent avoir de nombreux intérêts à financer ce type de projet. Prenons l’exemple d’un site, au hasard, d’information associative et culturelle sur l’Est parisien, dont l’un des objectifs serait de créer du lien social. Quel intérêt pour la mairie ou la région ? Aucun, a priori, ils ne sont pas philanthropes. Mais imaginez maintenant que ce média prenne une dimension « transpériphérique » et devienne l’artisan d’une interaction conviviale entre la proche banlieue et les quartiers est parisiens. Il devient alors politique : LE GRAND PARIS. La région et la mairie de Paris semblent s’être lancées dans une course acharnée contre le gouvernement depuis que Nicolas Sarkozy a voulu s’approprier ce projet en nommant Christian Blanc “secrétaire d’état chargé du développement de la région capitale”. Cela va sans dire : en encourageant ce type d’initiative, la mairie et la région (en particulier Bertrand Delanoë) ont un intérêt électoral majeur.

Dans le cas d’une région PS et d’une mairie PS comme à Paris, financer des projets « panassociatifs » présente un autre intérêt purement électoraliste. Il est de notoriété publique que ces petites structures sont essentiellement composées… de gauchistes. Un cauchemar pour les socialistes ! En finançant un site-web interactif utile à un grand nombre d’associations, les pouvoirs publics peuvent espérer redorer leur image vis-à-vis de cette bande de vils anarchistes. Et surtout, éviter la prolifération de plateformes locales ultrasubversives type indymédia. En étant sa source principale de revenu, ils exercent de facto un contrôle éditorial sur le média en question. Évidemment, financés directement par la mairie et la région, on voit mal les journalistes du site appeler à la révolution ou vilipender en Une le « social-traitre Delanoë ».

Cet exemple est bien sûr également valable pour d’autres territoires et d’autres configurations politiques. Néanmoins, ce genre de problématique se pose peut-être moins pour le moment avec des pouvoirs publics de droite, généralement moins enclins à financer les petits projets.

Les médias hyperlocaux, quelles que soient les merveilleuses possibilités qu’ils apportent, se heurtent donc comme le reste de la presse au problème de l’indépendance éditoriale. Peut-être même encore plus que les autres. On est loin de l’idéal de la société de rédacteurs du Monde ou de l’idée selon laquelle la liberté d’opinion va forcément de pair avec l’avènement du Web 2.0. Aujourd’hui comme hier, si on veut vivre de sa plume, il faut brosser dans le sens du poil. Surtout quand on est tout petit.

À moins que quelqu’un n’ait pensé à une autre possibilité de financement ???

Mise à jour

excellent article sur médiachroniques : Quand l’hyperlocal fait flop (provisoirement ?)

Et sur l’Atelier des Médias, Eric Scherer (AFP) parle très bien de l’évolution des médias

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auto-motivation pour l’oral de motivation

Demain, je passe un oral de motivation pour entrer dans une école de journalisme. Je vais essayer de leur parler des nouveaux médias et d’Internet. J’ai tendance à bafouiller, alors je me rassure en regardant François Morel et Olivier Saladin aborder le sujet.

déniché sur pensées d’outre-politique

MAJ : Je pense m’être un peu mieux débrouillé qu’eux :-)

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