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/ Ce sera le chiffre effrayant de la croissance du Japon pour l’année 2009, selon l’OCDE. C’est la pire récession depuis la seconde guerre mondiale et la pire récession prévue au sein des pays de l’organisation. C’est indéniable, les conséquences sur la population seront terribles. Le gouvernement tente de rattraper le coup avec un troisième plan de relance assez massif : 10 000 milliards de yens (75 milliards d’euros), soit 2% du PIB. Ce plan – comble du chic – sera vert. Le premier ministre Taro Aso veut mettre l’accent « sur les technologies environnementales et les produits économes en énergie». Qui plus est, il sera social, avec une amélioration des services de santé et d’aide sociale ainsi qu’une prime versée à chaque habitant. La situation est certes complètement inédite, mais un plan de la relance par la consommation aussi généreusement dosé est pour le moins étonnant de la part d’un pays gouverné sans relâche par la droite depuis 1945.
Tokyo Sonata
Ces mesures sociales font écho à un retournement de l’opinion, qui remet peu à peu en question les dogmes du Parti libéral démocrate. Dans l’esprit des gens, on est bien loin du miracle économique de l’après-guerre et même de l’effort collectif post-crise des années 90 pour se maintenir au rang de grande puissance mondiale. On vit désormais au pays des Freeters (jeunes précaires vivant de petits boulots mal pays jusqu’à 35 ans) et des Neet (Not in Education, Employment or Training). Puis on s’est résigné à vivre dans l’ombre de la Chine. La plupart des Japonais veulent juste pouvoir se contenter vivre décemment et surtout, recommencer à zéro. Cet état d’esprit est notamment décrit dans Tokyo Sonata de Kiyoshi Kurosawa, paru dans les salles mercredi, où l’on voit une famille éclatée par le chômage, la déliquescence des valeurs traditionnelles et l’absence totale d’avenir. Le Parti communiste japonais a enregistré 14 000 nouvelles adhésions en 2008 (cf monde diplo de ce mois), le signe d’un besoin de changement… quel qu’il soit. On entend souvent que la crise est propice à la pensée et à l’élaboration de nouveaux modèles de société, plus justes. Pourquoi ne viendraient-ils pas du Japon ?
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